mardi 9 décembre 2014

La métaphysique du temps

MontreGousset001

Après nous être intéressé dans le dernier article à la métaphysique de l'espace, passons à un sujet éminemment philosophique : le temps.

Le temps, c'est une chose avec laquelle nous sommes tous familier, mais aussi qui pose énormément de questions (métaphysiques justement), tant nos intuitions communes peuvent s'avérer parfois contradictoires, ou pour le moins difficile à expliciter de manière cohérentes.

Aujourd'hui nous allons nous intéresser en particulier aux deux questions suivantes : les événements passés et futurs existent-ils, et y a-t-il un présent objectif ? (Je garde pour la prochaine fois celle-ci : le temps a-t-il une direction intrinsèque ?)

Comme souvent en philosophie, ce type de questionnement n'est pas vraiment nouveau. Déjà le philosophe grec Héraclite philosophait sur l'impermanence de toute chose, tandis qu'à peine plus tard, Parménide pensait que le changement n'est qu'apparence dans une réalité statique. Aristote discutait l'argument fataliste suivant : si d'après le principe logique du tiers exclu toute proposition est soit vraie soit fausse, alors la proposition qui affirme qu'une bataille maritime aura lieu demain est soit vraie soit fausse, et le futur est déjà déterminé (l'ouverture du futur contredirait des principes de logique élémentaire)...

Dans ce billet je vous propose de revenir sur la formulation contemporaine de ces questions en philosophie du temps, puis (n'oublions pas que c'est un blog de philosophie des sciences) sur l'impact qu'on eut les sciences sur ces débats.

jeudi 6 novembre 2014

La métaphysique de l'espace

LH 95

J'ai beaucoup parlé d'épistémologie sur ce blog. Je vous propose aujourd'hui de faire un peu de métaphysique. Interrogeons-nous sur l'espace physique. Qu'est-ce que l'espace, et que nous apprennent les sciences sur sa nature ?

mercredi 15 octobre 2014

L'économie est-elle une science ?

Jeton de la corporation des monnayeurs et ajusteurs de la Monnaie de Paris
Le prix nobel de l'économie vient d'être décerné au français Jean Tirole L'occasion pour moi de vous parler d'économie.

Parler d'économie sur un blog de philosophie des sciences ? Mais enfin, l'économie est-elle une science ? Et bien, c'est justement la question qu'on va se poser !

lundi 15 septembre 2014

Théories et modèles

S.E.5a model aircraft from E-flite ARF kit

Nous avons parlé dans un article récent de vérité, au sens le plus général du terme. On se souviendra que la conception de la vérité de laquelle les réalistes s’accommodent le mieux est la "vérité-correspondance" : l'idée qu'un énoncé est vrai quand il correspond à la réalité (par opposition à la vérité comme assertabilité ou efficacité de nos croyances, qui semble insuffisante pour garantir le réalisme). Tout le problème est alors de donner sens à cette idée de correspondance.

Il est temps maintenant de revenir à des sujets qui concernent plus la philosophie des sciences en propre, et justement, concernant cette notion de "vérité-correspondance" : comment l'appliquer aux théories scientifiques ?

lundi 8 septembre 2014

La connaissance

Paris - Eiffelturm und Marsfeld2

Après avoir vu les différentes façons de concevoir la vérité, nous pouvons aborder une deuxième question de philosophie générale qui peut avoir un intérêt en philosophie des sciences : celle de la connaissance. Il s'agit du thème de l'épistémologie : l'étude de la connaissance.

Quelle différence y a-t-il entre une connaissance (je sais que j'ai deux mains, que Paris est la capitale de la France, que la terre est ronde, que mes clés sont dans ma poche) et une simple croyance ?

On peut envisager que la connaissance corresponde à la certitude, contrairement à la croyance qui est incertaine. Mais je peux être absolument certain de choses fausses, de manière irrationnelle. On pourrait alors penser que la différence tient à ce qu'une connaissance est vraie, tandis qu'une croyance ne l'est pas forcément. Mais je peux aussi bien être absolument certain de choses vraies de manière irrationnelle. Par exemple, je peux me trouver convaincu que Jean est innocent suite à la plaidoirie d'un avocat malhonnête, et même si Jean est effectivement innocent, on ne dira pas que je le savais réellement car au fond j'avais tort de faire confiance à l'avocat. On dira seulement que j'en avais la certitude, ce qui s'est finalement avéré être à juste raison.

Cet exemple est donné par Platon, et traditionnellement depuis Platon, on définit la connaissance comme une croyance vraie et justifiée. La justification sert à différencier la connaissance d'autres croyances vraies, mais qui le sont de manière accidentelle : on ne peut vraiment savoir quelque chose que si l'on est pourvu de bonnes raisons de le croire, c'est à dire si cette croyance est justifiée rationnellement.

Mais qu'entendons-nous par là ? Dans le dernier article, nous nous sommes interressé à la question de la vérité. Désormais, toute la question va être de savoir en quoi consiste cette justification rationnelle de nos croyances.

dimanche 24 août 2014

La vérité

Je profite de cet fin d'été pour vous proposer deux articles sur des thèmes plutôt de l'ordre de la philosophie générale, mais qui jouent toutefois un rôle important en philosophie des sciences : un premier sur le thème de la vérité, et un second en préparation sur le thème de la connaissance.

La Vérité, par Jules Joseph Lefebvre
Nous avons discuté dans les articles précédents de réalisme, de relativisme et d'empirisme. Mais peut-être aurions-nous du commencer par une question plus fondamentale : qu'est-ce que la vérité ? En effet la question du réalisme scientifique (thèse suivant laquelle les objets postulés par nos théories scientifiques existent dans la réalité) est centrale en philosophie des sciences. Or on peut exprimer cette thèse très simplement : elle consiste à affirmer que nos théories sont vraies. Mais qu'est-ce à dire ?

lundi 30 juin 2014

Le problème de la mesure et l'interprétation de la mécanique quantique

John Stewart Bell (physicist) portrait
Nous avons parlé dans le dernier article du théorème de Bell qui permet d'établir que certains aspects de la nature sont non-locaux. Nous avons vu qu'il existe une tension entre ce que ça implique et un autre principe bien établi dans le cadre de la relativité, qui est qu'aucune influence causale ne peut se propager plus vite que la lumière (même si ces deux aspects ne sont pas nécessairement contradictoires).

Nous allons maintenant nous intéresser aux différentes théories et interprétations qui permettent de donner sens à cette non-localité qui caractérise la mécanique quantique. Pour suivre cette présentation, je renvoie les lecteurs à l'article précédent, et notamment à l'expérience de pensée que j'avais proposé pour illustrer le théorème de Bell, sur laquelle nous allons nous appuyer ici. Rappelez-vous : il s'agissait d'imaginer deux personnes qui quittent une pièce par des portes opposées. On leur pose ensuite une question chacune parmi plusieurs possibles, et leurs réponses sont étrangement corrélées, elles respectent certaines règles, d'une manière qui ne peut s'expliquer par une préméditation de ces réponses.