lundi 26 janvier 2015

La direction du temps

Bundesarchiv Bild 135-S-18-07-16, Tibetexpedition, Volksfest, Bogenschütze

Nous nous sommes intéressés dans le dernier billet à l'existence du présent, du passé et du futur. A l'occasion de cette semaine thématique sur le temps au c@fé des sciences, attaquons nous dès aujourd'hui à cette deuxième facette du temps : la direction du temps.

La question est de savoir s'il existe une direction intrinsèque au temps, du passé vers le futur, c'est à dire si la direction passée se distingue fondamentalement de la direction futur, et donc si parler d'écoulement du temps a un sens. Au programme, nous verrons les tentatives pour réduire cette flèche du temps à autre chose, inspirées par la thermodynamique. Si elles y parviennent, la direction du temps ne serait pas un aspect intrinsèque au temps: ce serait, disons, un effet de perspective. Mais nous nous intéresserons aussi aux contre-arguments de ceux qui ne sont pas convaincus par cette approche.

Mais d'abord, on peut commencer par relever quelques intuitions à ce sujet.

lundi 12 janvier 2015

Note de service

Ce blog a bientôt 1 an ! Merci à tous ces lecteurs, toujours plus nombreux. Je publie quelques informations pour vous faire patienter jusqu'au prochain article:

  • Comme certains l'auront remarqué au nouveau badge en haut à droite du site, je fais maintenant partie de la communauté c@fé des sciences qui réunit plusieurs blogs scientifiques.
  • Justement à ce propos, une semaine thématique sur le temps aura lieu du 26 janvier au 1er février, autour d'articles de plusieurs bloggers. L'occasion pour moi de publier un article sur la direction du temps, qui prendra la suite du dernier.
  • J'ai créé une page facebook dédiée à ce blog. J'y reprends pour l'instant les anciens articles, dans l'ordre de parution. Les nouveaux prendront ensuite le relai.
  • Si vous vous intéressez à la philosophie des sciences et êtes utilisateur de flipboard, j'ai également créé un magazine qui agrège des liens d'intérêts (scientifiques ou philosophiques). Le magazine est plus ciblé que mon compte twitter, sur lequel je partage des choses diverses et variées...

C'est tout pour aujourd'hui, à très bientôt !

mardi 9 décembre 2014

La métaphysique du temps

MontreGousset001

Après nous être intéressé dans le dernier article à la métaphysique de l'espace, passons à un sujet éminemment philosophique : le temps.

Le temps, c'est une chose avec laquelle nous sommes tous familier, mais aussi qui pose énormément de questions (métaphysiques justement), tant nos intuitions communes peuvent s'avérer parfois contradictoires, ou pour le moins difficile à expliciter de manière cohérentes.

Aujourd'hui nous allons nous intéresser en particulier aux deux questions suivantes : les événements passés et futurs existent-ils, et y a-t-il un présent objectif ? (Je garde pour la prochaine fois celle-ci : le temps a-t-il une direction intrinsèque ?)

Comme souvent en philosophie, ce type de questionnement n'est pas vraiment nouveau. Déjà le philosophe grec Héraclite philosophait sur l'impermanence de toute chose, tandis qu'à peine plus tard, Parménide pensait que le changement n'est qu'apparence dans une réalité statique. Aristote discutait l'argument fataliste suivant : si d'après le principe logique du tiers exclu toute proposition est soit vraie soit fausse, alors la proposition qui affirme qu'une bataille maritime aura lieu demain est soit vraie soit fausse, et le futur est déjà déterminé (l'ouverture du futur contredirait des principes de logique élémentaire)...

Dans ce billet je vous propose de revenir sur la formulation contemporaine de ces questions en philosophie du temps, puis (n'oublions pas que c'est un blog de philosophie des sciences) sur l'impact qu'on eut les sciences sur ces débats.

jeudi 6 novembre 2014

La métaphysique de l'espace

LH 95

J'ai beaucoup parlé d'épistémologie sur ce blog. Je vous propose aujourd'hui de faire un peu de métaphysique. Interrogeons-nous sur l'espace physique. Qu'est-ce que l'espace, et que nous apprennent les sciences sur sa nature ?

mercredi 15 octobre 2014

L'économie est-elle une science ?

Jeton de la corporation des monnayeurs et ajusteurs de la Monnaie de Paris
Le prix nobel de l'économie vient d'être décerné au français Jean Tirole L'occasion pour moi de vous parler d'économie.

Parler d'économie sur un blog de philosophie des sciences ? Mais enfin, l'économie est-elle une science ? Et bien, c'est justement la question qu'on va se poser !

lundi 15 septembre 2014

Théories et modèles

S.E.5a model aircraft from E-flite ARF kit

Nous avons parlé dans un article récent de vérité, au sens le plus général du terme. On se souviendra que la conception de la vérité de laquelle les réalistes s’accommodent le mieux est la "vérité-correspondance" : l'idée qu'un énoncé est vrai quand il correspond à la réalité (par opposition à la vérité comme assertabilité ou efficacité de nos croyances, qui semble insuffisante pour garantir le réalisme). Tout le problème est alors de donner sens à cette idée de correspondance.

Il est temps maintenant de revenir à des sujets qui concernent plus la philosophie des sciences en propre, et justement, concernant cette notion de "vérité-correspondance" : comment l'appliquer aux théories scientifiques ?

lundi 8 septembre 2014

La connaissance

Paris - Eiffelturm und Marsfeld2

Après avoir vu les différentes façons de concevoir la vérité, nous pouvons aborder une deuxième question de philosophie générale qui peut avoir un intérêt en philosophie des sciences : celle de la connaissance. Il s'agit du thème de l'épistémologie : l'étude de la connaissance.

Quelle différence y a-t-il entre une connaissance (je sais que j'ai deux mains, que Paris est la capitale de la France, que la terre est ronde, que mes clés sont dans ma poche) et une simple croyance ?

On peut envisager que la connaissance corresponde à la certitude, contrairement à la croyance qui est incertaine. Mais je peux être absolument certain de choses fausses, de manière irrationnelle. On pourrait alors penser que la différence tient à ce qu'une connaissance est vraie, tandis qu'une croyance ne l'est pas forcément. Mais je peux aussi bien être absolument certain de choses vraies de manière irrationnelle. Par exemple, je peux me trouver convaincu que Jean est innocent suite à la plaidoirie d'un avocat malhonnête, et même si Jean est effectivement innocent, on ne dira pas que je le savais réellement car au fond j'avais tort de faire confiance à l'avocat. On dira seulement que j'en avais la certitude, ce qui s'est finalement avéré être à juste raison.

Cet exemple est donné par Platon, et traditionnellement depuis Platon, on définit la connaissance comme une croyance vraie et justifiée. La justification sert à différencier la connaissance d'autres croyances vraies, mais qui le sont de manière accidentelle : on ne peut vraiment savoir quelque chose que si l'on est pourvu de bonnes raisons de le croire, c'est à dire si cette croyance est justifiée rationnellement.

Mais qu'entendons-nous par là ? Dans le dernier article, nous nous sommes interressé à la question de la vérité. Désormais, toute la question va être de savoir en quoi consiste cette justification rationnelle de nos croyances.